Fixer le prix de ses séances de coaching : la méthode pas à pas
Ton tarif ne se devine pas en regardant celui des autres. Revenu visé, heures vraiment vendables, cotisations : la méthode pour calculer ton prix plancher, puis l'annoncer.

Un prospect te demande « et c'est combien ? ». Tu donnes un chiffre trouvé en regardant les tarifs des autres sur Instagram, et ta voix baisse à la fin de la phrase. Le prix d'une séance de coach sportif ne devrait pas se deviner : il se calcule, à partir de ce que tu veux gagner et de ce que ton activité te coûte. Tu peux le faire en cinq étapes, sur un exemple chiffré, avec les taux de cotisations 2026 relevés sur les sites officiels.
Pourquoi ton prix compte plus que tu ne le crois
Un prix trop bas ne se voit pas tout de suite. Il se voit en mars, quand tu enchaînes 30 séances par semaine sans que ton compte suive, et que tu n'as plus l'énergie de te former ni de prospecter.
Le prix dit aussi quelque chose de toi. Un tarif cassé fait douter le client exigeant, celui qui reste longtemps. Et un prix de départ trop bas est difficile à corriger, parce que tes premiers clients s'y habituent. Mieux vaut le poser juste dès le début.
La méthode en cinq étapes
1. Pars de ce que tu veux gagner net
Pose ton revenu net mensuel visé : ce qui doit arriver sur ton compte personnel pour vivre, épargner un peu et partir en vacances. Prenons un coach qui vise 2 000 € net par mois, soit 24 000 € par an. C'est une hypothèse de travail, à remplacer par ton propre chiffre.
2. Liste tes frais professionnels
Assurance responsabilité civile professionnelle, téléphone, logiciel de suivi, petit matériel, tenues, déplacements, formation continue. Fais la liste sur douze mois. Dans notre exemple, disons 2 400 € par an. Notre coach doit donc couvrir 26 400 € avant prélèvements.
3. Compte ce que prélèvent l'URSSAF et les impôts
En micro-entreprise, les cotisations sociales se calculent sur ton chiffre d'affaires encaissé, pas sur ton bénéfice. Beaucoup de coachs sportifs déclarent leur activité en bénéfices non commerciaux (BNC), comme profession libérale non réglementée : selon l'URSSAF, le taux de cotisations est de 25,6 % du chiffre d'affaires depuis le 1er janvier 2026. Si ton activité est déclarée en prestations de services commerciales (BIC), le taux est de 21,2 %. Vérifie ta catégorie dans ton espace URSSAF, le calcul en dépend.
S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle, 0,2 % du chiffre d'affaires pour les professions libérales. Et l'impôt sur le revenu : si tu as opté pour le versement libératoire (accessible sous condition de revenus), il représente 2,2 % du chiffre d'affaires pour une activité en BNC. Sinon, il dépend de ta situation fiscale.
Notre coach, en BNC avec versement libératoire, voit donc partir environ 28 % de chaque euro encaissé. Pour garder 26 400 €, il doit facturer 26 400 / 0,72, soit environ 36 700 € dans l'année.
Point de vigilance : la franchise en base de TVA s'applique tant que ton chiffre d'affaires de prestations de services ne dépasse pas 37 500 € sur l'année précédente (seuil indiqué par service-public.gouv.fr, inchangé en 2026). Au-delà, tu factures la TVA, et si ton prix ne bouge pas, c'est ta marge qui la paie. Notre coach en est tout près : dans son cas, on prend conseil auprès d'un expert-comptable ou de l'URSSAF avant de fixer les tarifs de l'année suivante.
4. Divise par les séances réellement payées
C'est l'étape où presque tout le monde se trompe. On divise par les séances facturées, une fois retirés vacances, jours fériés, creux d'août et de Noël, annulations et maladie.
Prenons 46 semaines travaillées dans l'année et 18 séances payées par semaine en moyenne : 828 séances. Prix plancher : 36 700 / 828, soit environ 44 € la séance.
Ces 18 séances payées représentent bien plus de 18 heures de travail. Programmes, messages des clients, prospection, comptabilité, déplacements : selon ton organisation, ça représente facilement plusieurs heures par semaine, jamais facturées. C'est pour ça qu'on ne table pas sur 30 séances par semaine toute l'année. On s'épuise avant.
Et regarde ce qui se passe la première année, quand l'agenda n'est pas encore plein. Avec 14 séances payées en moyenne au lieu de 18, le même calcul donne environ 57 € la séance. Ton taux de remplissage pèse aussi lourd que ton tarif.
- 46 semaines, 18 séances par semaine · Séances payées par an : 828 · Prix plancher : environ 44 €
- 46 semaines, 14 séances par semaine · Séances payées par an : 644 · Prix plancher : environ 57 €
Ce prix plancher n'est pas ton prix. C'est le seuil en dessous duquel tu travailles à perte par rapport à ton objectif (voir notre article « Combien gagne un coach sportif indépendant ? Faire le vrai calcul »).
5. Positionne ton prix au-dessus du plancher
Maintenant seulement, regarde le marché autour de toi, pour te situer et non pour copier. Un coach avec une spécialité claire et un suivi entre les séances peut se placer plus haut qu'un généraliste. Ta niche et ton format pèsent plus que tes années de métier.
Pense aussi au format de vente. Une séance à l'unité au prix plancher, payée au coup par coup, rend ton revenu fragile. Un suivi sur plusieurs mois, payé par mois, stabilise ton agenda et l'engagement du client (voir notre article « Forfait coach sportif : arrêter de vendre des séances à l'unité »).
Annoncer ton prix sans trembler
Présente d'abord ce que le client obtient, puis le prix, puis tais-toi.
« Ce que je te propose : deux séances par semaine pendant trois mois, ton programme entre les séances, et un point tous les quinze jours sur tes progrès. C'est [ton tarif] par mois. »
Le silence qui suit est normal. Il veut dire que la personne réfléchit, pas qu'elle refuse. Si tu baisses ton prix avant qu'elle ait parlé, tu lui apprends que ton tarif se négocie.
Augmenter tes prix sans perdre tes clients
Un tarif qui ne bouge jamais baisse en réalité chaque année, à cause de l'inflation. Ryan Ferguson, dans un article du PTDC, conseille d'annoncer une hausse quatre à six semaines à l'avance, par un message personnel, et de proposer aux clients fidèles un tarif intermédiaire entre l'ancien et le nouveau. En France, la rentrée de septembre et janvier sont les moments naturels pour le faire. Les nouveaux clients, eux, paient le nouveau tarif tout de suite.
Les erreurs fréquentes
- Copier le prix du voisin. Il n'a ni tes frais, ni ta clientèle, ni tes objectifs : calcule ton propre plancher.
- Raisonner en chiffre d'affaires. Une séance facturée n'est pas une séance encaissée nette : retire toujours cotisations et impôts.
- Baisser au premier « c'est cher ». Ton prix devient négociable aux yeux de tous : reformule la valeur avant de toucher au tarif.
- Ne jamais augmenter. Ton tarif perd de la valeur chaque année : prévois une révision annuelle, annoncée à l'avance.
Chez LCF. Le prix fait partie des formations business qu'on propose aux coachs du réseau : chacun calcule son propre plancher à partir de ses chiffres réels. Le Business Bootcamp prolonge le travail avec les formules, des packs courts du démarrage jusqu'à l'offre signature. Ton mentor peut reprendre le calcul avec toi, ligne par ligne, et t'aider à préparer la façon de l'annoncer. Et dans l'application LCF, la vente de programmes ajoute un revenu qui ne dépend pas uniquement de tes heures en salle.
Questions fréquentes
Combien facturer une séance de coaching sportif ?
Il n'existe pas de bon prix universel. Calcule ton plancher à partir de ton revenu net visé, de tes frais, des cotisations et des séances que tu factureras dans l'année, puis positionne-toi au-dessus selon ta spécialité et ta clientèle locale.
Quel est le taux de cotisations d'un coach sportif auto-entrepreneur ?
Selon l'URSSAF, il est de 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026 pour une activité déclarée en BNC, catégorie fréquente chez les coachs, et de 21,2 % en BIC prestations de services. Ces taux évoluent : vérifie-les sur autoentrepreneur.urssaf.fr et valide ta situation avec un expert-comptable ou l'URSSAF.
Un coach sportif micro-entrepreneur doit-il facturer la TVA ?
Pas tant qu'il bénéficie de la franchise en base de TVA. Pour les prestations de services, service-public.gouv.fr indique en 2026 un seuil de 37 500 € de chiffre d'affaires sur l'année précédente, avec des règles particulières en cas de dépassement en cours d'année. Au-delà, la TVA s'applique : fais le point avec un expert-comptable avant de fixer tes nouveaux tarifs.
En résumé
- Pars de ton revenu net visé et de tes frais réels, pas des tarifs du voisin.
- Retire les cotisations URSSAF, la formation professionnelle et l'impôt pour savoir ce que tu dois facturer.
- Divise par les séances réellement payées : vacances, annulations et temps non facturé changent tout.
- Le résultat est un plancher, pas un prix : positionne-toi au-dessus selon ta spécialité et ton format.
- Annonce ton prix avec assurance et révise-le chaque année.
Passer à l'action
Pour calculer ton prix avec un mentor et construire tes formules autour, découvre le Business Bootcamp.
Pour une première approche de la méthode, commence par la Masterclass offerte.
Sources
- URSSAF, « L'essentiel du statut », autoentrepreneur.urssaf.fr, consulté le 20 octobre 2026 (taux de cotisations 2026, contribution à la formation professionnelle, versement libératoire) : https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr/portail/accueil/sinformer-sur-le-statut/lessentiel-du-statut.html
- URSSAF, « Évolution des taux de cotisations sociales des auto-entrepreneurs », mis à jour le 30 janvier 2026 : https://www.urssaf.fr/accueil/actualites/taux-cotisations-autoentrepeneur.html
- Service-public.gouv.fr, « Franchise en base de TVA », vérifié le 1er janvier 2026 : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F21746
- Impots.gouv.fr, « En tant que micro-entrepreneur, puis-je être redevable de la TVA ? » : https://www.impots.gouv.fr/professionnel/questions/en-tant-que-micro-entrepreneur-puis-je-etre-redevable-de-la-tva
- Ryan Ferguson, « Get Paid What You Deserve: How and When to Raise Your Personal Trainer Prices », The PTDC : https://www.theptdc.com/articles/personal-training-prices
